L’idée de voyager à vélo ne m’est pas venue d’un coup, elle était loin d’être une évidence. J’étais voyageur certes, mais en camping-car… La pratique du vélo se résumait à une balade en ville, une boucle sur quelques chemins boisés, rien de plus. Je trouvais même ça très chiant.

 

Ma motivation tombait à zéro lorsqu’il fallait descendre du bahut l’engin, vérifier la pression des pneus, resserrer guidon et selle. Tout ça pour faire trois ou quatre bornes ! Je n’étais même pas un cycliste du dimanche. Mon biclou commençait à prendre de l’âge à défaut de kilomètres et je lorgnais les vélos électriques, ça avait l’air bien ce truc ! Durant deux ans, je me suis renseigné sans franchir le pas sur l’assistance électrique.

Trop cher, trop lourd, pas assez de vitesses, autonomie moyenne, problème pour recharger la batterie dans le camping-car…

J’ignorais à l’époque qu’une petite voix s’invitait en sourdine dans ma tête lors de mes recherches sur Internet…

 

Périples, voyages, horizons, rencontres, vélo, camping, sacoches… L’aventure résonnait lentement au point de s’y installer. J’y voyais comme un renouveau à la liberté, à ma vie, voire un rebond dans mon existence sans en prendre vraiment conscience. Plus je m’enlisais dans les méandres des récits dédiés aux voyages à vélo, et plus le virus gagnait du terrain.

Ciao l’électrique, vive le vélo à mollets !

 

Mon premier vélo de voyage, acheté sur Leboncoin et sans expérience préalable, avait toutes les qualités d’un vélo usé, fragile avec le poids de l’âge. Un choix à la con, un choix précipité. Je devais tout refaire dessus, la facture se serait monté à deux fois le prix d’achat déjà exorbitant. J’avais été un beau pigeon…

Bref, fort de mon inexpérience, c’est vers les professionnels que je me suis tournés. Étonnamment, ces derniers ne vendaient quasiment pas de vélo de voyage, tout au plus un par an, exceptionnellement deux, et que sur commande. Alors j’ai commandé ma première "vraie" randonneuse, toute belle, habillée d’un bleu nuit ainsi que tout l’équipement nécessaire pour parcourir les contrées les plus éloignées…

Elle m’a accompagné sur la Loire à vélo, la ViaRhona, le Canal du midi et l’entre-deux mers. Comme beaucoup, je me suis lancé dans mon premier voyage avec des sacoches et du matériel d’entrée de gamme, persuadé que cela suffirait. Erreur !

 

À ce jour, j’ai changé moult fois de sacoches, de tente, de pneus, deux fois la popote, deux fois le matelas et le sac de couchage, trois fois de vélo ! Des mauvais choix qui m’ont amené à dépenser plus que si j’avais bien investi dès le départ. Fallait douter à ce moment-là…

Aujourd’hui, je me suis équipé bien plus sérieusement, vélo en acier avec des éléments de qualité, des sacoches d’une solidité exemplaire, un couchage 4 saisons et une tente bien plus adaptée pour le long cours, quoique sur ce point, je puisse en revenir dans les prochaines semaines.

 

J’ai presque tout acheté d’occasion. Le vélo, un Surly avec un équipement Shimano haut de gamme, matelas et sac de couchage de renom, tente spacieuse, 6 sacoches (dont l’une pour le guidon et un rack pack qui vient se poser sur l’arrière), panneau solaire, casque, divers vêtements et nécessaires de voyage.

 

Environ 1 500 euros pour le tout et me voilà équipé pour partir serein vers des horizons lointains ou de proximité et ce, par presque tous les temps. 

Cher me direz-vous ? Non, car au final, c’est juste un peu plus cher qu’un simple vélo électrique de qualité moyenne…